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Le logo Gap ou la prise de pouvoir du web

GAP-logo

La tempête que vient de traverser Gap est assez symptômatique de la puissance grandissante prise par les internautes. Qio aurait en effet pu penser, il y a encore quelques années qu’un groupe de pression de quelques milliers d’individus parviendrait à faire reculer un mastodonte tel Gap sur un sujet aussi identitaire et important que son logo? Revenons en 3 points sur cette histoire qui fera date dans le processus de prise de décision des entreprises.

1/ Gap ou la communication ratée : un changement incompris

Gap est sans conteste l’exemple criant de tout ce qu’une marque désirant changer d’identité visuelle ne doit pas faire. Changer son logo, c’est changer son ADN, qui plus est pour une marque de vêtements. Modifier ses couleurs, sa typographie, c’est induire une modification profonde de son image, un changement qui nécessite un accompagnement, une explication. Or Gap n’a pas du tout communiqué en amont sur ce virage, provoquant l’incompréhension de ses clients et des internautes et surtout des designers par qui la colère est arrivée.

Et que dire de la communication de crise? Pour expliquer son recul Gap s’est ainsi dédouané en expliquant que la mise en ligne du nouveau logo avait justement pour objectif de susciter les réactions des internautes et que “Chez Gap, les consommateurs passent avant tout” ! On peut en douter surtout lorsqu’on sait que l’agence à l’origine du logo a touché la somme rondelette de 2 millions de dollars.

2/ Vers un nouveau mode de prise de décision?

Avant de choisir son nouveau logo, Gap est sans aucun doute passé par une phase d’études quantitatives et qualitatives pour tester sa nouvelle identité visuelle.

Mais avec cet épisode c’est toute la science marketing usuelle, historique qui se retrouve mise à mal : ces tests qualitatifs et quantitatifs ne sont-ils pas menacés de mort par le web? Par la prise de pouvoir des internautes? A l’avenir, les marques ne risquent-elles pas d’être tentées de  passer directement par la case web pour s’éviter le fastidieux et coûteux processus de tests et surtout le courroux d’une communauté, quelle qu’elle soit? Ne risque-t-on pas de voir des stratégies ou des décisions décidées à la seule aune de sondages ou réactions d’internautes ? Va-t-on vers un crowdsourcing de plus en plus fréquent, ou même une sorte de démocratie d’entreprise ouvert à tous?

Gap a cédé car c’est une entreprise en pleine phase de reconstruction, fébrile, qui voit son chiffres d’affaires baisser d’année en année : mais une entreprise aux reins plus solides n’aurait-elkle pas elle aussi reculé?

3/ Vers une relation entreprise/web de plus en plus participative?

Et si l’épisode Gap préfigurait le futur de la relation BtoC? Jusqu’à présent les bad buzz et autres communications de crise étaient à chaque fois liés à des scandales/problèmes plus ou moins importants (lire Volvo ou la communication crashée, Nestlé et la fronde Facebook, iPhone 4 : la com de crise d’Apple).

Ici c’est un choix fondamental, stratégique de l’entreprise qui est remis en cause : l’identité du groupe, la décision-même du PDG de Gap a ainsi été balayée par la communauté web, sans que Gap n’oppose la moindre résistance, preuve de sa fébrilité. Car au lieu de reculer piteusement Gap aurait pu profiter de ce bad buzz pour s’approprier les idées des internautes et proposer par exemple un concours créatif pour décider se son nouveau logo, à l’image de ce que certains sites comme 99designs.com ou iso50.com ont fait. Cela aurait permis d’afficher un visage résolument moderne et d’apporter une réponse web 2.0 aux réfractaires au changement.

Alors, l’affaire Gap, donnera-t-elle des idées aux marques? Au lieu de passer par des agences spécialisées, par des phases de tests confidentiels, ne vont-elles pas solliciter directement leurs fans (Gap a aisni 730 000 fans sur sa page Facebook, autant de testeurs potentiels facilement et gratuitement accessibles) avant de prendre certaines décisions affectant directement leurs consommateurs? Ne serait-ce pas un moyen habile pour elles de renforcer/créer leurs relations tout en économisant de l’argent?

Chiffres-clés du web : Facebook, Twitter, emails etc.

Il est toujours bon d’avoir en tête quelques chiffres-clés sur le web. Pour se rappeler son immensité, son gigantisme. Alors voici en un clin d’oeil, un aperçu d’un jour moyen sur la Toile. Et dans la même veine, retrouvez l’infographie anniversaire de Youtube.

Infographie web

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Marée noire : comment BP a appris des erreurs de Total et de Bush

11/05/2010 2 commentaires

British PetroleumAdministration Bush et Katrina, Total et Erika. 2 catastrophes récentes pour 2 gestions catastrophiques : communication ratée, réaction tardive, sous-estimation de l’ampleur des dégâts etc.  Et surtout 2 désastres dont BP et l’administration Obama ont su tirer les enseignements pour proposer un plan d’action et une communication à la hauteur de la pire marée noire qu’aient jamais connue les USA. Décryptage en 4 points.

1/ Une réponse adaptée

Là où l’administration Bush avait sous-estimé les dégâts et conséquences de l’ouragan Katrina, BP et Obama ont immédiatement pris conscience de la gravité de la situation. Cette réactivité et les prises de décision qui en ont découlé sont à porter au crédit du pétrolier et du gouvernement.

2/ Une responsabilité assumée

Si dans les premières heures, un porte-parole de BP avait rejeté la faute sur le propriétaire de la plate-forme pétrolière Transocean, Tony Hayward, le patron de BP, a très vite pris les choses en main : « Nous assumons notre responsabilité, nous nettoierons, nous paierons. » Ainsi là où Total avait refusé d’endosser sa responsabilité dans la catastrophe de l’Erika et tenté de se défausser sur ses partenaires, le géant pétrolier a eu une communication très offensive, préférant prendre les devants plutôt que subir les événements.

3/ Une communication multimedia pour une transparence maximale

BP et le gouvernement américain ont mis en place une communication web 2.0 sans précédent pour informer presque heure par heure de l’évolution de la marée noire.

  • Très rapidement, BP a basculé son site web en mode gestion de crise.
  • Le site Deep Water Horizon Response http://www.deepwaterhorizonresponse.com a été créé pour centraliser les informations : fil info, vidéos, interviews d’experts etc. Tout est mis en œuvre pour jouer la carte de la transparence.
  • Les comptes Facebook et Twitter assurent un rôle de relais d’information et de lien permanent avec les internautes, BP répondant en direct aux inquiétudes et questions. 

4/Une communication participative inédite

Suite à l’échec de la pose d’un couvercle géant sur la fuite, BP a décidé de demander l’aide des internautes : sur le site Deep Water, ceux-ci sont invités à brainstormer et à poster leurs idées ! Une première dans la communication de crise !

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Les 10 sites les plus visités en France : Google, sexe, mensonge et internautes

01/05/2010 1 commentaire

googleLe top 10* des sites les plus consultés en France en  2010 est en apparence sans surprise avec largement en tête Google et un trio de tête qui représente 1 consultation sur 5 du web français (Google, Facebook et Windows Live)!

  1. Google.fr  (10.38% du trafic)
  2. Facebook.fr (6.83%)
  3. Windows Live (3.20 %)
  4. Youtube (2.37%)
  5. Orange webmail (1.96%)
  6. Orange.fr (1.88%)
  7. Google.com (1.73%)
  8. Skyrock.com (1.43%)
  9. Leboncoin.fr (1.26%)
  10. Msn.com (1.01%) 

Un top 10 officiel très politiquement correct qui dissimule une réalité beaucoup plus embarrassante. Sous couvert d’anonymat, un grand opérateur français a lâché l’info qui tue (voir Challenges du 29 avril 2010) : 3 sites pornographiques squattent en fait le top 10, avec en tête Youporn.com, l’équivalent sexe de la plateforme de partage vidéos Youtube.

Alors pourquoi un tel mensonge ? Pour lutter contre la pornographie ? Pour éviter de faire de la pub à ces sites ? Ou par excès de puritanisme ? La question est posée.

*classement établi par Hitwise

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Ramdam, éblabla, claverbiage: les nouveaux mots du web

Sont-ce des innovations, des révolutions du web ? Des logiciels, des jeux vidéos ? Que nenni. Ces termes sont les équivalents de buzz et chat trouvés par les participants au concours Francomots, initié par le secrétaire d’Etat à la Francophonie Alain Joyandet. Le but : trouver des substituts aux termes anglais qui parasitent la langue de Molière.

1/ Un choix à l’encontre du sens de l’histoire

Il est intéressant de constater que le principal champ lexical visé par le concours est celui du web, de la toile, du village mondial à portée de clic. Un choix qui sonne comme la dernière résistance, l’ultime tentative, le dernier soubresaut d’une langue qui fut maîtresse du monde il y a peu (avec l’anglais, le français est la seule langue parlée sur les 5 continents). Une langue  qui s’est peu à peu laissée déborder par l’anglais (après 1945), l’espagnol et désormais le chinois en termes d’usage et de puissance.

Car avec le net, l’internaute fait partie d’une communauté millionnaire ayant des codes, des mots, des habitudes et une langue communs. Cette langue, utilisée pour relier l’internaute indien à l’allemand, le chinois à l’américain, l’argentin au français, c’est l’anglais. Une langue qui rend possible le mythe de Babel, une langue qui ancre l’adamique dans le réel et le proche avenir.

2/ Un artifice vain

Quel est l’intérêt de chasser des mots devenus usuels de notre bouche ? Le « chat » s’est en effet introduit dans la langue française depuis une dizaine d’années sans que personne ne songe à le remplacer par un chien. Le buzz lui, s’est imposé en quatre ou cinq ans. Pourquoi maintenant ? Et n’est-il pas déjà trop tard pour rééduquer des enfants et adolescents adeptes des mélanges franco-anglais : « je kiffe ma life », « je te love » peut-on ainsi lire sur les walls Facebook ou les blogs des jeunes générations ?

3/ Un résultat absurde et contestable

Eblabla pour chat ? Curieux. Débat pour talk ? Peut-être. Ramdam pour buzz ? Vous avez dit ramdam ? Un mot d’origine arabe pour protéger la langue française contre l’invasion anglo-saxonne ? Voilà une étrange idée : en effet ramdam dérive de ramadan (le neuvième mois de l’année) et désigne le tapage, le tumulte des nuits qui suivent le jeûne des musulmans.

Bref un concours inutile mais qui aura eu un mérite : celui de faire du ramdam, du bruit, de l’actuphène et du bourdonnement !

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